Marie Emmanuel Crahay

Marie Emmanuel Crahay, auxiliaire du Sacerdoce
Marie Emmanuel, en compagnie de Robert Dumont, directeur de la collection « Signe des temps » (Ed. Karthala), dimanche 23 octobre 2016, lors de notre jubilé, à Paray-le-Monial

Marie Emmanuel, actuellement en communauté à Aime, est auteur du livre: Nos soixante années au Brésil : Un Sacerdoce vécu au féminin (Karthala ; 2016)

« Ce livre nous introduit dans l’histoire des Auxiliaires du Sacerdoce, une congrégation fondée entre les deux grandes guerres du XXe siècle. Marie-Emmanuel Crahay nous en rappelle les commencements et nous raconte les premiers développements de cette petite société dont la pratique religieuse et les engagements sociaux vont se révéler précurseurs. D’emblée, l’ouvrage est centré sur le Brésil qui va devenir l’un des terrains d’action des soeurs Auxiliaires.

Renée Delorme part en 1956 pour vivre dans une favela de Rio. Bien qu’ayant quitté la congégation, elle entraîne dans son sillage trois soeurs qui vont vivre comme elle hors communauté. Après Rio, il y aura l’Amazonie et le Nordeste. Les chapitres du livre enchaînent le récit de ces pionnières qui travaillent dans la santé et l’éducation, et s’insèrent dans les communautés de base.

Une question affleure à la lecture des pages et que traduit le sous-titre : un sacerdoce vécu au féminin. Le sacerdoce est-il une fonction hiérarchique ou une dimension de la vocation baptismale commune à tout chrétien ? Depuis sa fondation en 1926, la congrégation connaît cette tension. Les prêtres qui accompagnaient la fondatrice, Marie Galliod, ont pesé de tout leur poids pour que Rome reconnaisse la société avec le but « d’aider le clergé dans son action apostolique ». Peu à peu et surtout à la lumière de Vatican II, les soeurs Auxiliaires se sont affranchies du cadre paroissial pour vivre leur sacerdoce « dans les rues, dans les maisons, sur les places publiques, dans les écoles et les oeuvres », comme l’avait rêvé leur fondatrice. Ces pages les montrent au Brésil et ailleurs au coude-à-coude avec le peuple, partageant ses joies et ses espoirs, ses luttes et ses peines. »

Robert Ageneau