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Mon travail a t-il un sens?
Retour sur l'atelier d'été qui a eu lieu les 24,25 et 26 août à la Houssaye en Brie

 

Nous étions 24 (7 laïcs, 13 religieux, 1 laïc de vœux privés et un prêtre de la Mission de France). Parmi tout ce petit monde, il y avait 3 professeurs de théologie et un ethnologue. Notre méthode : partir de l’expérience du travail et de là pointer des clefs de lecture. Nous avons voulu vivre ces jours comme un évènement ecclésial où chaque baptisé apporte quelque chose de grand prix.

 

Le premier jour nous nous sommes posé la question : « qu’est-ce qui m’étonne dans mon travail ? ». Sont remontés que le travail est un lieu où quelque chose se joue entre puissance de vie et puissance de mort. Qu’il donne de la joie et peut faire mal. Nous avons pointé l’engrenage des exigences de la gestion, des normes, de la logique technocratique soutenus par le développement de l’informatique qui viennent dénaturer notre travail. Nous en sommes à la fois victime et complice de leur développement (par exemple par manque de courage ou de liberté intérieure). Notre réflexion a pu avancer en nommant et séparant le travail de l’emploi .

atelier d'été sur le travail La Houssaye en Brie

Le deuxième jour, après un détour biblique nous avons réfléchi au sens de notre travail par état de vie. Une clef me semble être là aussi de nommer différents sens:

  • Le sens objectif (soigner, servir la collectivité en récoltant les impôts, construire des ateliers, …).
  • Le sens subjectif, c’est celui que chacun arrive ou pas à donner à son travail. Il peut se déployer jusque dans les interstices de nos fêlures.
  • Le troisième est le sens institutionnel, donné par l’institution.

Ce dernier parlait fort aux consacrés et prêtres mais pas du tout aux laïcs. Or il semble faciliter la prise de distance avec son travail et donc avec les difficultés quand elles se présentent. Nous avons aussi perçu combien certains laïcs imaginaient les religieux comme des nantis. Au fond, les différents groupes ne savent pas ce que vivent les autres.

atelier d'été... dans les champs!

Dans les discussions informelles, je retiens celle que j’ai eue avec quelqu’un dont le métier fait rencontrer beaucoup de burn-out. Son analyse est que les gens, butant sur une difficulté s’y enferment et butent, butent… jusqu’à exploser. Il y aurait peut-être une piste à essayer de leur faire prendre conscience des degrés de liberté et les latitudes qu’ils ont.

 


Après ce parcours, nous retenons, que compte-tenu de la tension actuelle qu’il y a dans les vies professionnelles, il serait urgent que la dimension du travail soit (beaucoup) plus prise en compte dans nos communautés chrétienne, la paroisse en particulier. Comment faire en particulier pour que les laïcs perçoivent l’envoi du Christ y compris dans leur travail et que nos communautés chrétiennes sachent accompagner leurs membres souffrants à cause du travail ?

En cherchant une référence sur le sujet, je suis allée relire la lettre au Cardinal Ouellet du pape François et j’ai pris conscience de la force avec laquelle il appelle les pasteurs à prendre en compte la dimension du travail des laïcs dans la vie publique. Cela tombe bien, il y a convergence !

Tout ce que vous faites, que ce soit au nom du Seigneur

 

Le troisième jour, surprise, une des participantes nous a écrit un slam :

Le travail
Pauline J.


(R) Je trime ! On peut pas dire que je trip, je trime ! La trame m’étripe, m’entrappe, j’me lasse, ma place m’enlise… Espace sans trace, sans esquisse de sens… Quelle direction, quel phare ? Je m’amarre à mon coeur et je rame, encore, vers l’horizon.


Je travaille. Ma faille n’a pas son interstice pour plaquer ma fragilité. Motivée mais ligotée en quelque sorte, je porte sans donner et je donne sans contribuer. Quel est donc le sens de cette routine ? Spleen qui apparaît.
(R)
J’ai vu là-bas la collègue fatiguée. Discussions sincères à la machine à café. Espace de grâce, espace de liberté. Je suis étonnée par sa fragilité, la mienne peut exister. Cohésion et communion, nous sommes deux dans cette avancée.
(R)
Mon travail me permet d’être en mouvement, d’être en course, me pousse à progresser, donner et m’adapter. J’aime. Mon métier m’élance vers la quette de sens, cette force en moi qu’il faut écouter, ce creux au fond de mon être qui dit, déjà, qu’il y a quelque-chose à trouver. Recherche de beauté qui est déjà entièrement belle, celle qu’il me fallait pour m’émerveiller.
(R)

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